Votre famille s'agrandit. Le bureau a été reconverti en chambre, les enfants partagent une pièce de 9 m², le salon fait office de salle de jeux et de salle à manger. La maison est devenue trop petite — vous le savez, vous le vivez chaque jour.
La solution évidente ? Déménager pour trouver plus grand. Sauf que le marché immobilier actuel rend cette option bien plus complexe et coûteuse qu'elle n'y paraît.
Des prix qui ne baissent pas
La remontée des taux d'intérêt depuis 2022 devait mécaniquement refroidir les prix. En théorie. En pratique, la correction a été bien plus limitée qu'attendu.
Dans les marchés de Nouvelle-Aquitaine et du Centre-Ouest, les prix des maisons ont progressé de plus de 33 % entre 2015 et leur pic de mi-2022. Depuis, la correction n'a été que marginale : l'indice, qui avait atteint 139 (base 100 en 2015), se stabilise autour de 133 depuis début 2024 — et n'a quasiment pas évolué depuis lors.
Autrement dit : les prix ont grimpé d'un tiers en dix ans, et ne sont pas redescendus.
La double peine : prix hauts + taux hauts
Ce qui rend la situation particulièrement difficile pour les ménages, c'est la conjonction de deux facteurs qui ne s'étaient pas encore retrouvés ensemble :
- Les taux d'intérêt sont revenus autour de 3 % en 2026 — un niveau similaire à celui de 2015.
- Mais les prix, eux, ont augmenté de 33 % sur la même période.
Concrètement : une famille qui achète aujourd'hui paie son crédit au même taux qu'il y a dix ans, mais sur une assiette bien plus élevée. La mensualité — et l'effort financier total — est donc structurellement plus lourde.
« Une famille qui achète aujourd'hui paie son crédit au même taux qu'il y a dix ans, mais sur une assiette bien plus élevée. La mensualité — et l'effort financier total — est donc structurellement plus lourde. »
Pour un ménage qui souhaite "faire une opération" en revendant son bien pour en acheter un plus grand, la réalité est souvent cruelle : la maison qu'il revend a certes pris de la valeur, mais celle qu'il vise aussi. Et les frais de notaire (7–8 % du prix d'achat), les frais d'agence, le déménagement viennent s'ajouter à la facture. Le gain net de l'opération est souvent bien moindre qu'espéré.
Le résultat : un marché des transactions en chute libre
Les chiffres confirment cette paralysie. Sur notre zone Centre-Ouest et Grand Sud-Ouest, le nombre de transactions de maisons a atteint un pic historique de 105 860 en 2021, portées par les taux plancher et l'euphorie post-Covid.
Depuis, l'effondrement est net :
| Année | Transactions de maisons |
|---|---|
| 2019 | 88 288 |
| 2021 | 105 860 (pic) |
| 2022 | 98 254 |
| 2023 | 76 304 |
| 2024 | 68 572 |
En 2024, le marché est revenu à son niveau de 2015 — effaçant dix ans de croissance. Soit 35 % de transactions en moins en seulement trois ans. Et rien n'indique de rebond significatif à court terme.
La construction neuve : un effondrement encore plus brutal
Si revendre/acheter est devenu difficile, construire une maison neuve est devenu hors de portée pour la majorité des ménages. La flambée des coûts de construction (matériaux, main d'œuvre) s'est ajoutée à la hausse des taux pour écraser la demande.
Les chiffres des permis de construire de maisons individuelles sur notre zone sont sans appel :
| Année | Constructions de maisons neuves |
|---|---|
| 2019 | 22 292 |
| 2021 | 29 667 (pic) |
| 2022 | 15 424 |
| 2023 | 12 617 |
| 2024 | 10 096 |
En trois ans, le marché de la construction de maisons individuelles a été divisé par trois par rapport à son pic de 2021. Il est aujourd'hui à son plus bas niveau depuis au moins dix ans.
L'extension : la troisième voie
Dans ce contexte général de contraction, un marché tient bon — et même progresse en termes relatifs : celui de l'extension de maison.
Le nombre d'extensions réalisées sur notre zone reste nettement au-dessus de son niveau d'avant 2021, et sa part dans l'ensemble de la construction individuelle ne cesse de croître :
| Année | Extensions réalisées | Part dans la construction individuelle |
|---|---|---|
| 2019 | 2 201 | 9 % |
| 2021 | 3 365 | 10 % |
| 2022 | 2 652 | 15 % |
| 2023 | 2 507 | 17 % |
| 2024 | 2 467 | 20 % |
La part de l'extension dans la construction individuelle a doublé en cinq ans. Ce n'est pas un hasard : quand on ne peut ni acheter plus grand ni construire neuf, on agrandit ce que l'on a.
Pourquoi l'extension est souvent le meilleur calcul
L'extension présente plusieurs avantages concrets face au déménagement :
Pas de frais de mutation. Les frais de notaire sur un achat immobilier (7–8 % du prix) représentent souvent 15 000 à 25 000 € sur une maison de taille intermédiaire — une somme qui part en frais sans créer un seul mètre carré supplémentaire.
Pas de rupture de vie. Même école, mêmes voisins, même quartier. Pour des familles avec enfants, cet argument n'est pas anodin.
Valorisation du bien. Une extension bien conçue augmente la valeur du bien de façon quasi proportionnelle — et parfois au-delà, si elle améliore significativement la surface habitable ou crée des espaces qualitatifs (suite parentale, cuisine ouverte sur jardin, bureau indépendant).
Financement simplifié. L'extension peut souvent être financée en complément du crédit existant — sans nécessiter de vendre au préalable, ni de supporter deux charges de logement en parallèle.
Délais maîtrisés. Un projet d'extension bien préparé — permis de construire inclus — se réalise typiquement en 3 à 5 mois de chantier, contre des mois d'incertitude pour une transaction immobilière dans un marché tendu.
Sources : données de prix immobiliers MeilleursAgents / Notaires de France / INSEE (indice base 100, T1 2015) ; données de transactions DVF / CGDD ; données de permis de construire Sitadel / Ministère de la Transition écologique. Périmètre géographique : Charente (16), Charente-Maritime (17), Corrèze (19), Creuse (23), Dordogne (24), Gironde (33), Landes (40), Lot (46), Lot-et-Garonne (47), Pyrénées-Atlantiques (64), Deux-Sèvres (79), Vendée (85), Vienne (86), Haute-Vienne (87).